Evolution historique

Société et structure de pouvoir

Activité économique

 Depuis les recensements fiscaux de 1271, Tarazona figure parmi les seize communautés d’Aragon, avec une contribution moyenne de 3% de l’impôt ordinaire et de 2% des prestations extraordinaires- sa position étant proche de celle d’Ejea de los Caballeros–, tandis que la communauté mudéjare locale en payait la moitié. Dans les fouages réalisés en 1386 et 1404, il est adjugé à la ville –nobles et ecclésiastiques exclus– un total de 300 maisons «avec juifs et maures». Grâce à un registre comptable interne ou pinqas –conservé à la Bibliothèque Nationale de Jérusalem– nous savons que la communauté juive se compose de 52 foyers –environ 210-235 personnes–, c’est à dire, 15% d’une ville qui atteignait 1 300 individus. Ceci est accordé avec les 55 hommes majeurs qui interviennent dans les protocoles notariaux. Dans tous les cas, à la fin du siècle XV, ses effectifs avaient augmenté au-delà de soixante dix familles.

L’aljama promulgue «hordinamientos» et secamas (règlements) «au profit et utilité des juifs». L’une d’elles (1285) interdisait l’utilisation de vêtements de tons clairs et pastels ou que les enfants étrennent des vêtements pour leur circoncision (1378). Son autonomie est matérialisée dans l’acte de prise de possession du bailli, engagé à “servir loyalement et à garder la dite aljama selon la loi des juifs”. L’organisation interne- forgée au XIV siècle – repose sur l’assemblée, le Conseil et les gouverneurs, outre les divers fonctionnaires attachés aux tâches administratives (le clavario, chargé de la perception des impôts et de la comptabilité), judiciaires (albedí) et religieuses (rabbin, shamas, etc). Les documents internes–datés selon la «Création du monde»– sont délivrés par le sofer ou notaire.

Dans le «régiment des officiers» ou takkanah, promulgué en 1420, «tenant compte de la grande mortalité, des guerres et autres circonstances», il est établi que le Conseil sera intégré proportionnellement par neuf membres, “trois de la classe supérieure, trois de la classe moyenne, trois de la classe inférieure ». Son mandat, annuel, commençait le jour de San Miguel, les membres sortant désignant leurs successeurs, bien que très vite, le tirage au sort ou « insaculación » fut établi. Leurs fonctions sont consultatives, excepté en matière fiscale. Ce n’est pas en vain que l’aljama possède des ressources garantissant des prestations basiques (supportées par la l’impôt sur le pain, la viande et le vin) et qu’elle est autorisée à grever certaines activités (1383): 4% sur le patrimoine (cabezaje) et les revenus du travail (brazaje), et entre 0,4 et 0,8% sur les prêts et les achats-ventes («merquadurias, husuras») (commerce, usure).

Les gouverneurs –jurés ou berurim–, ne peuvent avoir de degré de consanguinité interdite («qu’ils ne soient pas semblables dans les liens de parentés interdits par la loi judaïque»), devant être connaisseurs de la législation talmudique («ceux qui sont les experts de la loi judaïque ») et se comporter avec honnêteté («qu’ils mènent une vie honnête et qui ne soient pas ignorants, ni joueurs »). Ce corps électif, de trois membres condense le pouvoir exécutif et judiciaire en premier lieu; ils surveillent le respect des pratiques religieuses; ils supervisent les prestations d’assistance («feyto d’anima, o ad almosna, o spitales»); et adoptent des décisions de trésorerie urgentes, mais «pour payer d’autres dettes ils réclament les conseils des anciens ».
 

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